Facile d’accuser le web !

 

Un moment sérieux au milieu de notre rigolade municipale. Et c’est Joker, le rédacteur en chef de Lyon Gag’ qui prend la parole. Pour parler du web, suspect numéro 1 dans l’affaire Griveaux !

 

«Quand j’entends tous ceux qui s’insurgent contre les «atteintes à la vie privée» dont sont victimes les hommes politiques, en accusant le web… L’équipe de Lyon Gag’ est consternée. Et inquiète. 

Ceux qui nous représentent et qu’on a élu pour ça, doivent non pas être exemplaires mais à la hauteur. Tout simplement parce qu’ils nous représentent et que s’ils se révèlent médiocres, ils nous renvoient une image médiocre de nous même ! 

Bref, on ne veut pas que ceux en qui on a fait confiance pour nous représenter nous fassent honte. Alors que justement on leur a fait confiance en estimant qu’ils étaient plus capables que nous pour nous gouverner.  

 

Voilà pourquoi ces élites ont une exigence : nous respecter en nous tirant, non pas vers le bas, mais vers le haut, nous les gens ordinaires, moyens, voire médiocres parfois.  

C’est au fond ce qui choque le peuple qui attend de leurs représentants d’être au niveau de la mission qu’ils leur ont confiée. 

Quand on tient de grands discours sur l’honnêteté ou la famille, difficile de justifier qu’on trompe le fisc ou sa femme. 

Les élus eux-mêmes le savent bien en soignant leur image publique : sympathiques, intelligents, généreux, fidèles, responsables… Mais parfois, ils sont très désinvoltes dans leur vie personnelle. 

 

C’est justement ce grand décalage entre l’image publique et la réalité privée des élites politiques qui trouble profondément ceux qui leur ont voté pour eux. Il ne s’agit pas d’une exigence de transparence totale, encore moins d’une revendication moralisatrice. Mais d’une exigence morale. 

La «vertu» est un pilier de la démocratie, soulignaient déjà les philosophes grecs il y a plus de 2 000 ans. Vertu, rien à voir avec une série d’interdits sociaux ou religieux, mais tout simplement que sa vie personnelle et publique soient en cohérence. Une morale au sens noble du terme : ce qui a du sens. 

 

Toutes ces élites journalistico-politiques qui prennent des airs offusqués pour accuser un web machiavélique, ne voient pas plus loin que le bout de leur ordinateur ou de leur téléphone portable. Le web ne fait que révéler une volonté populaire : que ceux qui nous représentent pour nous diriger doivent preuve d’un minimum de dignité. 

 

Si les élites ne comprennent pas cette évidence, elles prennent le risque de ne plus être entendues, ni respectées. Et plus grave, de faire exploser la démocratie. Un contrat social qui donne le pouvoir au peuple de désigner ses représentants.  

Sinon, on sombrera dans l’anarchie puis la dictature qui en un clic neutralisera d’ailleurs le web. Pour justement éviter d’être confronté à cette exigence populaire.»