Votez Blanc ! 

 

C’est la plus belle farce de cette campagne municipale. A droite toute ! Incroyable mais vraie. Une exclusivité Lyon Gag’.

 

Le candidat Les Républicains a failli en commettre une belle, un certain Blanc, Etienne de son prénom. Maire de Divonne les Bains pendant près de 30 ans, petit patelin de l’Ain. Avant d’être parachuté à Lyon pour conduire la liste de droite aux municipales. 

Avec une belle équipe de bras cassés, il a conçu une superbe affiche pour ces élections : «Votez Blanc !». Et tout le monde s’est félicité de ce slogan bref, simple, efficace… Des lettres bleues sur fond blanc. En plus, ça plaisait à Etienne, fidèle de Charles Million, le fameux président de Région qui s’était fait élire avec les voix du Front National. Du coup, votez Blanc ça lui plaisait bien à ce réac de 72 ans qui s’est distingué notamment en militant contre « le mariage pour tous ».

Au cours de la présentation de ce chef d’oeuvre, un jeune impertinent a émis avec prudence une réserve : «Votez Blanc ça va pousser les électeurs à voter blanc !».

Le petit cercle des conseillers du candidat de la droite n’a d’abord pas compris le sens de cette objection. Et l’impertinent a du préciser : «Blanc avec majuscule, blanc avec une minuscule». 

Au bout de quelques minutes, ils ont enfin percuté. 

Mais l’inventeur de ce concept magistral, un jeune énarque proche du chef, s’est accroché en brandissant le résultat des dernières élections : «Et si tout ceux qui votent blanc votent Blanc, ça fait des milliers de suffrages en plus». Avant de poursuivre, très sûr de lui : «Si on additionne avec les intentions de vote pour notre candidat dans les derniers sondages, sans oublier les votes racistes.. M.Blanc sera élu dès le premier tour !».

Vous êtes sûr Arthur ? lui alors demandé le vieil Etienne, une lueur d’espoir dans les yeux. Avant de bafouiller, visiblement un peu perdu : «Michel Noir a bien été élu maire de Lyon avec son affiche, votez Noir». 

Une seule certitude, l’équipe a finalement décidé d’envoyer cette belle affiche au pilon. Avec la bénédiction du chef qui a soupiré : «Le risque que je sois élu est trop fort !». 

Et le jeune militant qui a évité cette bavure de conclure : «En plus, la supercherie aurait peut être conduit la justice à annuler l’élection». 

 

Raphael Barbu